ANTILLES    Barbade

 

La Barbade

La Barbade est située un peu à l’écart des Petites Antilles, soit à environ 90 milles nautiques à l’est des Grenadines. Peu de navigateurs sont prêts à affronter les vents dominants pour s’y rendre depuis les Antilles, mais c’est l’endroit idéal pour atterrir quand on arrive de l’Est. L’île est belle, les paysages variés et les gens très chaleureux. D’après ce que nous avons lu, c’est la seule île corallienne des Antilles. Les autres seraient toutes volcaniques.

17 janvier

Comme toujours, habitués aux quarts de nuit en traversée, on a du mal à savourer pleinement la quiétude du mouillage le premier soir. Mais le fait de pouvoir flâner au lit compense largement, surtout que le temps est couvert aujourd’hui. Les autorités portuaires nous demandent d’attendre à l’après-midi pour faire nos démarches d’entrée. Nous avons donc tout le temps d’apprécier à nouveau le plaisir de manger à table en même temps sans avoir à tenir pots et vaisselle.

On rappelle les autorités à 14 h, comme prévu, puis on met le moteur en marche en vue de la manœuvre d’ancre. Martine décèle une odeur de brûlé qui semble venir du moteur mais Michel, occupé à l’ancre, de s’y arrête pas. L’odeur s’intensifie. Il faut arrêter le moteur et se réancrer pour aller voir ce qui se passe. On découvre qu’un court-circuit majeur a fait fondre le fil de mise à la terre du moteur. Impossible d’avertir les autorités, car les postes de radio ne répondent plus. Décidément, un malheur n’arrive jamais seul! Le fusible de protection du radio HF est grillé, mais pas celui du VHF. Michel remplace le premier, nettoie le second et tout rentre dans l’ordre. Reste à régler le sort du moteur. Un vieux bout de fil par ci, un peu de soudure par là, beaucoup de patience et, en moins de deux heures, le tour est joué. On comprend mieux pourquoi le type de croisière que nous faisons est souvent décrit ici comme un « entretien permanent sous des cieux plus cléments ».

18 janvier

Appels répétés pour obtenir l’autorisation de s’approcher pour régler les formalités d’entrée. Deux voiliers français s’y rendent pendant qu’on tourne en rond à l’entrée du port déjà encombré par cinq énormes paquebots. Le temps est maussade. Comme les autorités nous remettent d’appel en appel, nous décidons de nous approcher quand même. Avertis par le copain Michel (Deuxième vie) que l’accostage est périlleux pour les bateaux de notre taille, on prend le temps de bien examiner la situation. On constate que les voiliers déjà accrochés au remorqueur se font bousculer violemment par le ressac. Peu de temps après, Patrick (Arion), qui n’a pu trouver les autorités et dont le bateau a brisé une amarre, décroche tout et se sauve en vitesse avant de s’abîmer davantage. L’autre voilier le suit de près. Au diable les formalités!

Comme nous avons l’intention de rester au moins une semaine à la Barbade, nous décidons de tenter notre chance à l’épaule du remorqueur. On s’installe solidement, puis Martine reste à poste pour retenir le bateau de son mieux pendant que Michel court trouver les autorités. Pour compliquer un peu les choses, on nous demande de payer tout de suite les frais de séjour. Le hic, c’est qu’il faut payer en dollars BWI ou américains, qu’il n’y a ni banque ni guichet au port et qu’ils n’acceptent ni les chèques ni les cartes de crédit. Michel vient protéger le bateau le temps que Martine se précipite en ville (à environ 2 km du port) chercher de l’argent. Le cauchemar se termine après plus de deux heures de lutte. On s’en sort épuisés, trempés, avec une défense éclatée et de la peinture abîmée. Le plus ridicule de tout cela, c’est qu’ils ne prennent même pas la peine d’inspecter le bateau. Alors pourquoi nous imposer d’entrer dans ce port décidément trop grand pour les bateaux de plaisance?

Un fois réancrés, nous nous rendons à terre en pneumatique. Ouf! devant une bonne bouffe, courses en ville et session sur Internet.

19 janvier

Visite très plaisante au bureau principal du tourisme, puis longue promenade autour de Bridgetown, la capitale. Comme c’est bon de pouvoir enfin communiquer directement avec les gens, sans barrière de langue, surtout qu’ils sont absolument charmants. Jusqu’à maintenant, on arrivait à se débrouiller en portugais et en espagnol, mais pas au point de pouvoir converser librement. Et c’était plutôt frustrant lorsqu’on rencontrait des gens qui avaient des choses à raconter. Quel grand service nos parents nous ont rendu en nous faisant apprendre l’anglais. Beaucoup des navigateurs que nous croisons n’ont pas cette chance!

20 janvier

Visite d’une partie de la côte ouest de l’île. On se rend d’abord en bus à Speighstown. Le voyage est très agréable car la route longe le bord de l’eau sur presque tout le parcours. Une vraie fête pour les sens : il fait beau et chaud, l’eau est extraordinairement belle et la végétation luxuriante. On a décidément beaucoup encore à apprendre sur les plantes tropicales. Cassons la croûte dans un petit parc au bord de l’eau, puis repartons vers Bridgetown à pied dans l’espoir de retrouver en chemin la maison que louait jadis la grand-mère de Martine. Heureusement pour nous, la Barbade n’a pas beaucoup changé depuis le dernier passage de Martine, il y a maintenant près de 25 ans. La maison y est toujours et la nouvelle propriétaire nous permet gentiment d’en faire le tour. Que de bons souvenirs.

21 janvier

Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers la côte atlantique. L’autobus qui nous y mène traverse l’île en passant au cœur des plantations de canne à sucre. Pique-nique au bord de la plage de Bathsheba, lieu privilégié des surfers à la recherche de sensations fortes, puis visite du jardin botanique Andromeda pour parfaire nos connaissances en matière de plantes tropicales.

22 janvier

Promenade le long de la côte sud de l’île. On comprend mal pourquoi les bateaux étrangers se regroupent tous dans cette partie de la baie de Carlisle. La plage est belle, mais l’atterrissage en pneumatique y est plutôt acrobatique et la ville a beaucoup moins à offrir ici. Mais on y trouve une cathédrale magnifique. C’est là d’ailleurs qu’on se fera arnaquer par un pseudo artiste qui nous impose une de ses créations.

23 janvier

Le vent a repris de la force pendant la nuit, suffisamment pour qu’on se mette à chasser. Il faut donc refaire une manœuvre d’ancre. Mais le sondeur ne fonctionne plus. Comme il faut se déplacer de toute façon, on se rend au port des pêcheurs pour faire le plein d’eau (raté), puis au grand port pour voir de plus près le 5 mâts (Wind Surf) du Club Med. Pendant qu’on y est, on tente de faire nos formalités de sortie, mais l’officier en service refuse de signer les papiers si on ne quitte pas le jour même. Dégoûtés, on retourne vers l’ancrage en saluant au passage Alain et Josette (Krapulax) qui arrivent du Cap-Vert.

Après s’être réancrés, on constate que l’ancre chasse à nouveau. Il faut donc recommencer, mais cette fois, la clé du moteur refuse de tourner. Avec un peu d’ingéniosité, on arrive à sauver le mécanisme. Reste à s’ancrer.

24 janvier

Avant d’aller à terre, Michel fait des ajustements à la transmission, resserre le presse-étoupe, change un joint d’étanchéité de la pompe à eau moteur et refait le plein d’huile de transmission. Comment c’était déjà? Entretien permanent sous des cieux… Pendant ce temps, Martine alimente le livre de bord. Ensuite, quelques courses en ville en vue du départ. On prend aussi le temps d’aller voir le fameux baobab millénaire de 25 mètres de diamètre.

25 janvier (jour 1 : ~40 milles)

On se pointe au port vers midi pour régler la paperasse de sortie. Comme il n’est plus question d’accoster, Michel tourne en rond dans le port pendant que Martine s’élance vers les douanes. Après deux heures de frustrations, on quitte la Barbade avec des papiers en règle.

La mer est agitée, mais la navigation très agréable sous environ 20 nœuds.

26 janvier (jour 2 : ~55 milles)

Se doutant qu’il y a certainement plus de bateaux dans les Antilles qu’au milieu de l’Atlantique, on assure une présence quasi constante sur le pont durant la nuit. Après un paquebot et deux cargos, voilà qu’un autre se pointe à l’horizon. Voyant la quantité de lumière, Martine comprend qu’il s’agit encore d’un paquebot de croisière. Il semble clair que le navire vient vers nous en suivant une route parallèle à la nôtre. Son feu bâbord (rouge) confirme cette course. Pourtant, il y a quelque chose qui cloche; il s’approche vraiment trop vite. Après un moment, Martine réveille Michel pour comprendre ce qui se passe. Au départ, Michel croit que le paquebot file dans l’autre direction. Martine lui signale que c’est pourtant son feu rouge qu’on voit. Oups! Ça ne colle pas. Finalement, Michel comprend que le navire est sur le point de nous croiser et qu’en cherchant à l’éviter, Martine s’obstine à se placer sur sa route. Avant que ça nous arrive, on aurait pu jurer qu’il était impossible de faire une telle erreur de jugement. On comprend maintenant comment nos amis du Maffick on réussi à entrer en collision avec un cargo. Par chance, il n’y ont laissé que leur mât, mais quelle frousse!

Arrivons à St. Vincent en début d’après-midi. Il n’y a personne d’autre au mouillage à Kingstown… inquiétant.

La Barbade

 

Rue typique

 

Palmier du voyageur

 

Bathsheba

 

  

Côte est

 

À belles dents!

 

Frangipanier

 

Vaquois

 

Baobab

 

R. C. Cathedral

 

Oiseau dans un bananier

 

Le Wind Surf

 

St. Vincent