CANARIES   Gomera

11 décembre (21 milles)

Partons vers La Gomera, dernière île des Canaries que nous visiterons. Très beau temps, mais petit vent, ce qui nous permet d’admirer longuement Tenerife et son Teide, le plus haut pic d’Espagne. Ne trouvant pas de mouillage décent, nous rentrons au port de San Sébastian juste avant le coucher du soleil. On y retrouve avec grand plaisir nos amis du Triane.

12 décembre

Passons l’avant-midi à améliorer l’étanchéité du grand réservoir d’eau, qui coule très légèrement, et du puits d’ancre. Longue promenade en après-midi. Mais c’est dimanche et presque tout est fermé.

Même si Gomera a la réputation d’être verte, on n’y voit pas la végétation luxuriante des Açores et de Madère au premier coup d’œil. Ici, comme sur les îles plus désertiques, les jardins publics dépendent d’un réseau complexe de tuyaux pour irriguer les plates-bandes. Chaque plante, arbre et arbuste est desservi par un tuyau relié a ce système. Reste à savoir qui gère l’arrosage…

13 décembre

Achats divers, dont une bonne réserve du fameux vin rouge Don Simon vendu en litres de carton à 2 $ (50 pesetas de plus ici qu’à Gran Canaria) et plein d’eau. Comme il est interdit de mouiller dans le port, nous laisserons derrière nous Triane, Astragale, Mustang, Teresina, Moujik et Plein Sud en quête d’un refuge plus économique.

14 décembre (30 milles)

Partons avant l’aube vers l’autre côté de l’île en passant par le nord. Peut-être aurons-nous un meilleur contact radio avec Montréal en étant ouvert sur l’ouest. Mais, déception encore une fois. Est-ce parce qu’ils ne tournent pas leur antenne vers nous ou à cause du problème intermittent que nous avons sur le 20 mètres? Il faut dire que nous avons plus de facilité à entendre les signaux faibles que Montréal, qui est dans une zone radio plus bruyante (plus de QRM en jargon radio).

Utilisons en route notre pilote électrique, version améliorée, avec pleine satisfaction. Cette fois, l'électronique ne nous joue pas de tours.

Arrivons à 16 h devant le décor spectaculaire de Valle Gran Rey. Après des manœuvres plutôt complexe, on se retrouve ancrés sur l’avant et relié au mur par deux amarres sur l’arrière. La quinzaine de mètres qui nous séparent du mur nous oblige à prendre l’annexe pour se rendre à terre.

15 décembre

Remplaçons un bas-hauban* et l’anode sacrifice* d’arbre d’hélice. Ensuite, tour de ville pour s’assurer qu’on trouvera ici assez de fuits et légumes frais pour la traversée.

Bas hauban Câble de support du mât le plus court.
Anode sacrifice Pièce de zinc fixée sur ou près du métal qu'on veut protéger de la corrosion. 

16 décembre

C’est aujourd’hui qu’on paie pour toutes ces journées parfaites de balades ici et là. Voulant visiter le grand parc de l’île, on prend l’autobus de 8 h en direction du plus sommet. La superbe vallée Gran Rey est déjà presque enveloppée dans le brouillard, mais on peut deviner les multiples terrasses de culture et palmiers accrochés au flanc des vertes falaises. Arrivés à destination, on hésite beaucoup à descendre de l’autobus et pour cause : on gèle, il vente, il pleut et on ne voit rien du magnifique paysage de l’île. Après 7 km à se les geler, trempés jusqu’aux os, on croise un bon samaritain qui nous amène à un café où nous pourrons nous changer et tenter de nous réchauffer en attendant le prochain bus qui redescend vers le bateau. Le dodo dont nous rêvions au retour est remis à plus tard, car les rafales de vent combinées à la houle font rebondir les bateaux d’avant en arrière sur leurs amarres comme une balle de bolo. Le plus impressionnant, c’est que le déplacement des bateaux semble anarchique. Nous passons l’après-midi à surveiller la situation craignant une collision avec notre voisin. Le bris d’une amarre sur Seeker nous encourage à en rajouter deux autres sur notre arrière. Il faut bien fermer les écoutilles pour ne pas récolter tout ce qui vole au vent. Une fois à l’intérieur, on en oublie presque la course folle des bateaux.

Essayons de régler un mauvais contact de la prise du syntonisateur d’antenne pour améliorer notre communication radio. Près deux heures de travail, mais on réussit à remonter le tout à temps pour appeler Herb de qui on attend le feu vert pour partir. Youppi! il nous reçoit fort et clair. Il nous conseille d’attendre quelques jours, le temps que le vent s’adoucisse.

17 décembre

On se déplace à Calera, la ville voisine, pour faire les formalités de sortie. Raté encore une fois.

Préparation du livre de bord et nouveau contact avec Herb. On ne part pas tout de suite. Longue conversation aussi avec Jean-Marie, un collègue radioamateur de Montréal, qui nous aide à trouver le bobo du poste radio. Il faudra ouvrir encore un fois l’appareil, mais cette fois, ce sera peut-être la bonne.

18 décembre

Ce matin, nous nous sommes épuisés et gelés comme des idiots à gratter la coque. Il faut dire qu’on a exagéré en passant près d’une heure à l’eau. Idéalement, il faudrait terminer le travail avant de partir. Mais on a moins le goût d’y retourner maintenant, car on a mis beaucoup de temps à se réchauffer. Martine a même réussi à se geler la plante des pieds. Et on avait nos habits de plongée… Si l’eau avait été plus belle à Funchal et s’il avait fait moins froid depuis, nous n’en serions pas là. Enfin! c’est comme ça.

Plein d’eau, achats de bouffe, envois de nos derniers messages par Internet et travail sur la radio HF. On devrait partir demain ou lundi pour le Cap-Vert.

19 décembre

Encore un peu de travail sur la coque, sans trop se geler cette fois. Lunch au petit bistro des pêcheurs avec Chantal, Jean-Nicolas et Cornelius, de Nez Rouge. Ensuite, longue randonnée dans la belle vallée de Gran Rey. Cette région de Gomera est le lieu de prédilection des Allemands (plus de 95 % du tourisme local nous dira-t-on). On les apprécie beaucoup d’ailleurs, car ceux qui viennent ici sont calmes, polis et très respectueux de l’environnement. Les Portugais n’ont par contre rien de bon à dire au sujet des Anglais...

Herb nous donne le feu vert pour partir demain.

Gomera et Tenerife, au loin

Arrivée à San Sebastian

San Sebastian

Arrivée à Valle Gran Rey

Port de Valle Gran Rey

Pas une amarre de trop!

Culture en terrasses

Valle Gran Rey

Calera

Joyeux Noël