CANARIES   Lanzarote


            

19 novembre (27 milles)

Le départ vers Puerto Naos se fait au moteur avec 15 nœuds de vent nord-est dans le nez le temps de parcourir les deux milles de chenal entre Lanzarote et Graciosa. Les 25 autres se font au portant* avec grand génois tangonné* et deux ris* dans la grand voile. Quel bonheur de sentir le bateau revivre surtout que Mustang, parti juste après nous, n’arrive pas à nous remonter malgré ses 11 pieds de plus.

Portant Allure où le bateau recoit le vent  par l'arrière.
Le grand génois est notre voile de beau temps. Elle couvre 180 % du triangle avant.
Tangonner Installer une armature (tangon) pour éloigner la voile avant du bateau.
Le ris fait référence à un système de réduction de la surface de voile exposée au vent. À trois ris, la grand voile est à son plus petit.

Au nord, Lanzarote n’est que désert, volcans et falaises avec parfois un petit village près de l’océan. Du côté est, quelques parcs d’éoliennes géantes, comme à Cap Chat, installés en sommet de montagne. Ici comme ailleurs, la construction massive d’hotels près de la capitale, Arrecife.

À peine ancrés dans le port de Naos, nous apprenons par René, un Français de passage, que Pierre F5RIH a bien transmis notre message à Montréal. Plutôt sympa ce monde de la radio…

20 novembre

Bien protégé de la mer, le port de Naos est plutôt venteux et très fréquenté. Les bateaux y ont pourtant peu de place pour manœuvrer et les fonds souillés contribuent au dérapage fréquent des ancres. Il faut dire que c’est l’endroit réputé le plus sûr de l’île. On peut finir par s’habituer à la forte odeur de poisson qui parfume la région, mais pas aux bateaux coulés ni à l’abandon évident du port. Le manque de services aux plaisanciers (peu de places disponibles au quai et aucun espace prévu pour laisser les annexes) semble indiquer que les bateaux de passage ne sont pas bienvenus. Par contre, on peut trouver à peu près tout pour le bateau en ville, et à prix « pêcheur ».

Charmant dîner à bord du Teresina malgré les revers de fortune de René et Thérèse : tentative de cambriolage de leur bateau, bris de deux pales de leur éolienne après dérapage de leur ancre, vandalisme de leur annexe. Décidément, le port de Naos manque de charme.

21 novembre

Le vent qui a soufflé toute la nuit a réussi à nous faire chasser. Il faut donc reprendre la manœuvre d’ancrage. Comme il vente encore beaucoup, nous nous limitons à explorer les alentours. Passons une bonne partie de l’après-midi avec les amis retrouvés du Ouais ouais, ici depuis deux mois. À notre grande surprise, Alain aussi est dans le coin, mais nos horaires sont trop différents pour qu’on arrive à se croiser. Nous apprendrons par Élise qu’il a fini par acheter un moteur.

22 novembre (3 milles)

Quittons le port déprimant de Naos pour aller mouiller tout près, devant Arrecife. La prochaine fois, c’est là que nous irons directement, surtout qu’on peut s’y accrocher à un coffre, donc pas de problème d’ancrage. L’endroit est beaucoup plus joli et propre. On peut même s’y baigner. En prime, nous y retrouvons la joyeuse troupe d’Arabel, ketch d’acier français abritant une belle famille avec 4 enfants et un chien.

23 novembre (22 milles)

Partons vers le sud de l’île pour mouiller à Papagayo. Belle journée de voile par vent arrière sous grand génois tangonné. En route, des dauphins viennent danser devant la proue pendant presque dix minutes. D’après un copain, c’est l’écho du sondeur qui les attire.

24 novembre

Changeons d’ancrage après une nuit perturbée par le bruit de la chaîne sur les roches tapissant ici et là le beau fond de sable. La tenue est bonne, mais il vaut mieux trouver un coin sans roches. Il vente encore trop pour étirer le bain matinal, mais le paysage est magnifique. Devant nous, plusieurs plages très isolées faisant la joie des naturistes qui doivent malheureusement creuser des trous dans le sable pour s’abriter du vent.

Partons à pied vers la ville la plus près, Playa Blanca, à environ 5 km. Si l’espagnol n’était pas si prédominant, on se croirait sur le bord de la mer aux États-Unis. Et il fait aussi frais qu’en Floride.

En après-midi, un fort vent d’est brouille peu à peu l’air de sable. Cette poussière de sable viendrait apparemment du Sahara. Le bateau en est couvert. Ce n’est pas le moment d’ouvrir les écoutilles.

25 novembre

Le vent d’est soufflant à 20-25 nœuds nous garde au bateau. Deux bateaux militaires viennent s’ancrer au large de nous.

26 novembre (20 milles)

Départ vers l’île voisine, Fuerteventura, par vent de travers sous foc* et grand voile réduite. L’accélération du vent entre les îles est impressionnante.

Le foc est la voile d'avant la plus couramment utilisée. Le nôtre couvre 80 % du triangle avant. 

Lanzarote vue de Graciosa

 

Falaise de Lanzarote

 

Pointe nord-ouest de Lanzarote

 

Nord de Lanzarote

 

Port de Naos

 

Épaves de Naos

 

Le Teresina à Naos

 

Arrecife, la capitale

 

Le Ouais Ouais à Naos