LES AÇORES   São Miguel

4 septembre (26 milles)

Essayons sans succès d’envoyer des vœux d’anniversaire à Mireille, notre messagère, qui assure le lien avec la famille et les amis. Comme le bulletin de la RFI donne une météo convenable, nous partons vers São Miguel. Bonne navigation jusqu’à 22 h, puis plus de vent. Affalons les voiles et allons nous coucher en attendant que le vent reprenne. Un peu avant minuit, un gros bateau que nous avions repéré un peu plus tôt nous réveille en nous éclairant vivement, et s’éloigne dès que nous donnons signe de vie. Nous apprendrons le lendemain qu’il s’agissait d’un navire militaire en patrouille. Dans le cas de Triane, c’est plus compliqué. Les militaires vont jusqu’à mettre un pneumatique à l’eau pour aller leur demander de communiquer par radio. Tout en restant très polis, ils donnent l’impression de militaires désœuvrés cherchant à passer le temps. Claude et Agnès s’installent donc sur le 16 pour faire causette. On leur demande le nom du bateau, les renseignements usuels, les numéros de permis, de visas, leur destination, etc. et même des détails sur l’autre bateau (nous) en navigation dans le coin.

5 septembre (62 milles)

Relevons les voiles vers 1 h du matin. Belle nuit sans rosée. Agréable surprise : notre GPS (Garmin 75) ne semble plus affecté par le « roll-over ». Avant de rentrer à Ponta Delgada, nous traînons au large de l’île intrigués par un attroupement d’oiseaux. En nous approchant, nous découvrons qu’il suivent une quinzaine de dauphins en chasse. Notre présence de semble pas les incommoder. Par bonheur, l’eau est tellement claire qu’on peut les suivre même très creux. Les oiseaux sont-ils là pour ramasser les restes? Quels restes? Nous voyons très bien les dauphins mais pas leur proie. Nous en apprendrons peut-être plus la prochaine fois.

Retrouvons avec grand plaisir nos amis du Pierre de Lune II  installés ici depuis plusieurs jours déjà.

6 au 12 septembre

Notre séjour à Ponta Delgada passe à la vitesse de l’éclair. On se surprend à traîner au bateau, en ville, ici et là sans faire de grandes expéditions. Il faut dire que les pattes ont beaucoup travaillé sur les autres îles. Ici, l'Internet est gratuit et accessible toute la journée. On en profite pour envoyer plusieurs documents (photos et textes) et mettre à jour notre correspondance. On prend aussi le temps de remplacer les tirettes des coussins des banquettes pour enfin pouvoir laver les housses. Avec les années, ces parties de métal se sont oxydées au point d’empêcher l’utilisation des fermetures éclair. Il y a aussi le pneumatique à réparer, la lessive à faire, l’antenne radio à améliorer et quelques babioles à régler, comme toujours.

Cette grande ville aux airs modernes a des coins plutôt jolis abritant rues piétonnes et bâtiments d’époque. Ici comme ailleurs, les trottoirs de petites pierres taillées présentent une grande variété de motifs blancs sur fond noir. Les boutiques de la rue principale frôlent, par contre, la démesure dans ce décor açorien. Et ça grouille de belle jeunesse. On commence à comprendre pourquoi São Miguel a si bonne réputation chez les Açoriens. Cette ville universitaire est un paradis pour les jeunes qui y vivent leur première liberté, leurs premiers amours, dans un décor de vacances, loin de la maison, sollicités par tous les produits de luxe du continent.

Le port et la ville sont assez grands pour recevoir les immenses bateaux de croisière transatlantiques. Un des paquebots qui s’arrêtent  ici pendant notre séjour compte plus de deux mille passagers et 800 membres d’équipage. Il y a aussi les nombreux cargos qui assurent le transit des marchandises et du bétail.

Au hasard de nos promenades, nous découvrons un superbe parc comptant des arbres centenaires. C’est là que nous apprendrons à reconnaître plusieurs des espèces. Il faut venir dans des régions comme celles-ci pour comprendre que certaines des plantes qu’on voit couramment dans nos maisons sont en réalité des arbres dans leur habitat naturel. Le poinsettia, entre autres, est un arbuste géant.

Une visite au cimetière nous apprendra qu’il est d’usage, ici, d’exposer les sépultures à la vue dans des caveaux à portes vitrées. Très étrange à voir.

Notre seule visite touristique nous mènera aux serres de production des extraordinaires ananas de São Miguel. C’est un Québécois originaire de l’île qui nous y amènera avec sa femme. Nous apprendrons de lui beaucoup de choses sur la végétation de l'île, entre autres, que le bois de rose serait en fait le bois du camélia, rosier japonais.

 

Ponta Delgada

 

Hortensias

 

Dorures typiques des églises

 

Parc botanique

 

Transport des veaux