ANTILLES  Sainte-Lucie

 

Sainte-Lucie

L’île de Sainte-Lucie, qui aurait été aperçue en 1499 par un navigateur de Christophe Colomb, n’a été conquise par les Français qu’en 1660. La présence des Caribs, connus comme redoutables et sanguinaires, a singulièrement retardé l’invasion européenne de l’île. Les Anglais et les Français se sont disputé son contrôle pendant 150 ans et celle-ci a changé de mains 14 fois avant de devenir une possession britannique permanente en 1814. Indépendante depuis 1979, Sainte-Lucie fait aujourd’hui partie du Commonwealth.

L’île est d’une grande beauté, principalement à cause de son relief, de ses forêts tropicales et de ses baies. Son économie repose sur la culture de la banane et l’industrie touristique.

 

18 février (~43 milles)

Traversée très sportive vers Sainte-Lucie au près serré* sous grand génois* et grand voile réduite à trois ris*. Nous finirons au moteur sur une mer désordonnée, vent dans le nez. Plusieurs dauphins, nos premiers dans les Antilles, viennent nous consoler. Retardés par un ennui de moteur,  nos copains du Mauna Loa arrivent dans la baie de Soufrière quelques heures après nous.

Près serré Allure où le bateau navigue nez au vent en serrant le vent au maximum.
Le grand génois est notre voile de beau temps. Elle couvre 180 % du triangle avant.
Le ris fait référence à un système de réduction de la surface de voile exposée au vent. À trois ris, la grand voile est à son plus petit.

 

19 février (~1 mille)

Nous déplaçons de Soufrière à la baie voisine, délimitée par les Pitons. L’endroit est spectaculaire, presque irréel. Cette baie, avec celle de Soufrière forme l’Aire marine protégée de Sainte-Lucie. Allons nous promener à terre sur l’immense terrain du Hilton, magnifiquement aménagé. C’est là que Michel découvre, oh miracle! un cacaoyer. Un insulaire lui explique que lorsque les cabosses virent au jaune (elles sont rouges au départ), elles sont prêtes à cueillir. Il revient en suçant les grains de cacao recouverts d’une gelée surette. Chaque cabosse en contient une quarantaine. Nous apprendrons plus tard qu’il faut faire sécher les grains, les rôtir, puis les broyer pour obtenir la pâte servant de matière brute dans la confection des produits à base de chocolat. Il existe quelques plantations de cacao sur l’île.

Passons le reste de la journée en compagnie d’un chouette couple québécois, Yves et Andréa, en vacances dans le coin.

 

20 février (~10 milles)

Partons en matinée vers la baie de Marigot, photogénique « trou à cyclone », hélas! trop fréquenté. Après l’anse des Deux Pitons, c’est un peu décevant.

 

21 février (~8 milles)

Belle randonnée à voile en direction de Castries, la capitale. Peu de plaisanciers s’y arrêtent et nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Mis à part les quais des grands paquebots, l’endroit est certainement plus authentique que les baies de rêve aménagées pour les touristes. En accord avec nos amis du Mauna Loa, nous décidons d’y arrêter quelques jours.

La ville bourdonne d’activité, en particulier le marché central où nous trouvons des denrées fraîches de bonne qualité et de l’artisanat local à prix à peu près raisonnables, après négociation. (Nous verrons le lendemain que la grande épicerie centrale vend ses fruits et légumes encore moins cher!) Nous découvrons au marché que le chocolat brut se vend sous forme de bâtons roulés à la main et qu’on en fait une infusion. Goûtons aux étranges « pommes de cire » (wax apples), juteuses quoique râpeuses, mais pas à l’aloès, que l’on peut apparemment manger pour guérir les maux de ventre et trucs du genre?! Bâtons de cannelle, muscade, cari et autres épices odorantes confirment l’exotisme de l’endroit. On se laisse tenter par une super bouffe très couleur locale avant de poursuivre notre tour de ville sous l’orage.

En soirée, il pleut tellement qu’on réussit à ramasser près de 75 litres d’eau avec une installation de fortune. Ici, ça vaut vraiment le coût d’être équipés pour recueillir l’eau, car elle n’est pas gratuite dans les Antilles.

 

22 février

Aujourd’hui, fête de l’Indépendance, presque tous les commerces sont fermés. Partons donc à la découverte des environs. Après une bonne heure de marche, nous nous arrêtons dans une boulangerie du centre. Un client, entré juste derrière nous, nous contraint de lui céder porte monnaie et sac banane à la pointe du couteau. Par chance, nous sauvons notre peau et la caméra numérique de l’école. Ébranlés par l’aventure, nous passons le reste de l’après-midi en compagnie des enquêteurs de la Police qui nous entraînent en patrouille dans les coins louches avoisinants, puis à un poste aussi inquiétant que les bas-fonds de Castries pour recevoir notre déposition.

 

23 février (~5 milles)

Le charme de Sainte-Lucie est rompu. Plus question pour nous de visiter l’île, ni de rester à Castries. Dommage pour les plantations de cacao. Mais avant de quitter l’île, il nous faut attendre le rapport officiel de l’incident, qu’on promet de faire suivre au bureau de Rodney Bay.

Recevons un magnifique cadeau de Jean-Marie qui nous a préparé un site sur Internet. Ça ne pouvait pas mieux tomber. C’est comme un baume sur notre plaie. Partons le cœur joyeux vers la grande baie du nord en étirant notre navigation. C’est bon de se retrouver en mer. À l’arrivée, saluons au passage le joyeux équipage du Bel Espoir, vaisseau amiral du père Jaouen, fondateur d’un mouvement de réinsertion pour jeunes en difficulté. Ils nous invitent à bord, mais le temps nous manque. Ils partent malheureusement dès ce soir. Une prochaine fois peut-être.

Retrouvons plus tard Jacques Vincent et l’équipage du Liber, bateau québécois croisé à Bequia, et passons une charmante soirée à leur bord. Jacques, navigateur d’expérience, nous recommande fortement de passer par Beaufort (Caroline du Nord) au retour pour éviter la mer souvent difficile au large du Cap Hatteras. C’est certainement à considérer.

 

24 février

Notre balade d’aujourd’hui nous mène d’abord au chantier de la marina où se trouve un des fidèles correspondants du Réseau. Claude (VE2MOT) et Madeleine sont installés ici pour refaire une beauté à leur Tantinet d’acier. En route, nous nous arrêtons pour admirer un magnifique bateau vert de type Endurance. Nous découvrons peu de temps après qu’il s’agit d’un bateau que Michel a vu construire au moment où il commençait le sien. Quelques années plus tard, il a même acheté la maison du propriétaire qui laissait tout pour partir en croisière. La Terre est décidément un bien petit village!

Faisons ensuite le nécessaire pour récupérer le fameux rapport de Police. Le bureau des douanes nous confirme qu’il y a vraiment des téléphones unidirectionnels à Sainte-Lucie. L’employée de la boulangerie disait donc vrai : on ne pouvait pas loger d’appel depuis son appareil.

 

25 février

Bricolage en matinée, puis formalités et plein de diésel avant de passer aux îles françaises, où le prix du carburant est certainement plus élevé qu’ailleurs. En soirée, Michel installe sur l’ordinateur un logiciel prévenant les pannes en mode « sleep ». Catastrophe! loin de corriger le problème, le logiciel en question fait planter l’ordinateur, qui refuse maintenant de passer en mode Windows. 

 Baie des Pitons

 

 Gros Piton

Cacaoyer

Cabosse et grains de cacao

Port de Castries

Cases typiques

Marché de Castries

Baie de Marigot

Rodney Bay

Le Bel Espoir

Départ vers la Martinique