ANTILLES Îles Vierges |
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Îles Vierges
Situées à l’est de Puerto-Rico, les îles Vierges sont un groupe d’une cinquantaine d’îles faisant partie des Petites Antilles. Elles sont partagées entre Américains et Britanniques. Les îles St. Thomas, St. John et St. Croix ont le statut de territoire américain avec une population de 100 000 habitants. Tortola, Virgin Gorda, Anegada et Jost Van Dyke, pour ne nommer que les principales, sont des territoires dépendant du Royaume-Uni avec 17 000 habitants. Depuis leur découverte par Christophe Colomb en 1493, les îles Vierges ont été disputées entre Anglais, Hollandais, Danois et flibustiers. C’est en 1917 que les Danois ont cédé leur part des îles aux Américains pour la modique somme de 25 millions de dollars. De nos jours, la principale industrie est celle du tourisme, et la devise utilisée sur tout le territoire est le dollar américain. Malgré que toutes les voitures soient de modèle américain, on y roule à gauche, comme en Angleterre. 22 avrilAtterrissage à Peter Island en fin d’après-midi. C'est là que nous retrouvons enfin nos copains du Pierre de Lune II. 23 avril (Jour de Pâques - 8 milles)Ce n’est pas le cousin du lièvre qui vient à notre rencontre en cet avant-midi de Pâques mais plutôt six fonctionnaires des Douanes et Immigration qui n’ont certainement pas le sourire aux lèvres dans leur gros bateau à moteur. Le cœur léger, on en accueille deux à bord après leur avoir confirmé que nous n’avons pas d’armes à feu. Notre pavillon jaune est levé et nous sommes juste devant le port d’entrée de Road Town, Tortola. Ces messieurs, plutôt bourrus poussent la gentillesse au point de faire nos formalités d’entrée ici même, sur le bateau. On n’en espérait pas tant! Par sécurité, nous attendions que le soleil soit haut dans le ciel pour entrer à Road Harbour, nouveau port pour nous. Sans sondeur, c’est le meilleur moyen de voir le fond. Ici s’arrête la courtoisie! Ces messieurs nous considèrent en défaut, car nous ne sommes pas ancrés dans un port d’entrée. Nos arguments peuvent adoucir la faute, mais ces bons fonctionnaires doivent faire leur boulot et tentent de négocier l’amende… Des 1000 $US qu’ils disent pouvoir imposer, ils baissent rapidement à 200 $ et espèrent des remerciements. Ça va pas, non? Nous avons hissé notre pavillon jaune pour montrer notre intention de faire une entrée formelle, et cela nous attire une amende! Pas question de négocier! Michel lève le ton et exige de voir les papiers de nos interlocuteurs. Le doute s’installe, nos passeports sont confisqués contre notre volonté et on nous donne rendez-vous à Road Town mardi 9 h 30, congé oblige! Oups! a-t-on mis les pieds dans le panier de Pâques? Dans le feu de l’action, nos douaniers voulaient nous passer un œuf à la coque pour un en chocolat. L’affaire est tellement grotesque que Michel croit qu’en faisant beaucoup de bruit avec notre histoire, on fera reculer les douaniers. Ce n’est malheureusement pas l’opinion de Pierre, inspecteur à la CSST. D’après lui, c’est plutôt en rampant avec humilité, courtoisie, patience et chance qu’on pourra peut-être s’en sortir sans trop remplir le panier du douanier. 24 avril (4 milles)Heureusement qu’il y a le Réseau : Jean-Pierre nous encourage et André nous fait parvenir des informations au cas où ça tournerait mal. Jean-Marie nous promet des cartes postales si on se retrouve en prison… 25 avril (10 milles)Le temps a fait son effet. Avec la conviction de ne pas avoir le gros bout du bâton, nous jouons de prudence en appliquant à la lettre les recommandations de notre fonctionnaire et ami du Pierre de Lune II. Fiou! on s’en sort pas si mal, somme toute : 100 $US d’amende + 61,90 $ de frais. Après la saga avec nos locataires, le vol à l’arme blanche à Castries, on se fait arnaquer une troisième fois cette année. Le plus choquant, c’est que ce « vol » est fait en toute légalité par les autorités locales… Nos sentiments sont partagés entre déguerpir et rester. Le décor est somptueux et la transparence de l’eau exceptionnelle, la plus belle que nous ayons vue depuis le début du voyage. Il y a abondance d’oiseaux pêcheurs comme le pélican brun qui plonge et replonge avec fracas près du bateau. Les bancs de petits poissons chassés tantôt par les oiseaux, tantôt par d’autres plus gros qu’eux, font frétiller la surface. Nous devons quand même partir, car nous n’avons plus la tête à jouir de la beauté qui nous entoure. Nous n’avons pas encore digéré le coup des douaniers. Bye bye BVI. On traverse du côté américain. En début d’après-midi, nous entrons à Cruz Bay, sur l’île de St. John, pour faire nos formalités d’entrée en sol américain. Cette fois, nous sommes accueillis avec courtoisie et efficacité (ici, on prend la peine de lire le code barre du passeport pour entrer les données). Jamais démarches n’ont été si rapides. Elles sont de plus gratuites et nul besoin de faire une sortie en quittant pour New York. Comme le port d’entrée est plutôt encombré et que nous ne pouvons occuper le mouillage des douanes plus de 90 minutes, nous nous déplaçons vers un endroit plus tranquille à Caneel Bay. La quasi-totalité de l’île appartient à la famille Rockefeller, qui l’a transformée en parc national pour en préserver la beauté. 26 avrilQuittons notre mouillage en direction de Charlotte Amalie, capitale de l’île principale des Vierges américaines, St. Thomas. Jetons l’ancre en retrait, à l’ouest de Hassel Island. Ils n’y a que trois bateaux dans cette petite baie où règne une paix relative. Comme nous sommes assez près de la « civilisation », l’eau n’est pas aussi belle qu’ailleurs. 27 au 30 avrilFaisons de longues promenades à la découverte de Charlotte Amalie. Il est amusant de constater que les véhicules ici sont américains, avec volant à gauche, mais que la conduite se fait à gauche, comme sur les îles britanniques. Rien de semble cultivé sur l’île; les fruits et légumes importés des États-Unis sont par conséquent atrocement chers. Le reste aussi d’ailleurs. La ville n’a aucun charme évident autre que sa baie turquoise et l’éternelle procession des grands paquebots. Les touristes qui descendent de ces géants des mers sont promenés en autobus tel un troupeau qu’on déplace d’un site à l’autre. C’est à se demander si les clients ne sont pas amèrement déçus de toutes ces visites éclair de ports n’ayant rien de plus faux que leurs sites touristiques avec boutiques de t-shirts imprimés en Thaïlande et coquillages made in Hong-Kong. Pas question de visiter les rues loin du centre de peur de se faire agresser. Nous sommes au pays des armes à feu, des Pizza Hut et des MacDonald. 1er maiFaisons le plein d’eau, de diesel et de provisions avant de nous déplacer à Elephant Bay, à l’ouest de Water Island. Une promenade sur la plage nous fait découvrir mille trésors : coquillages multiples, épaves, cordages, batteries et déchets de plastique de toutes sortes. Nettoyons la coque de ses coquillages et algues une dernière fois avant le grand départ pour New York. |
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