CAP-VERT   Sal

Le Cap-Vert

Ancienne colonie portugaise indépendante depuis 1975, le Cap-Vert est situé dans l’océan Atlantique, au large du Sénégal. L’archipel est constitué de 10 îles volcaniques et de quelques îlots. Son nom proviendrait de la pointe sénégalaise (cap Vert) la plus proche de l’archipel. Les îles sont réparties sur deux axes suivant leur position face aux alizés : les îles au vent comprennent Santo Antão, São Vincente, São Nicolau, Santa Lucia, Sal et Boa Vista; les îles sous le vent, Santiago, Maio, Fogo et Brava.

Les îles les plus à l’est, les plus anciennes, sont plates. Celles à l’ouest ont un relief torturé et déchiqueté.

Le climat est constitué de deux saisons principales : une sèche, de novembre à juin, et une de pluies, de juillet à octobre. Un vent sec venant du Sahara (l’harmattan) balaie les îles de janvier à avril, apportant avec lui sécheresse et poussière. Durant la saison des pluies, les précipitations ont la réputation d’être violentes et très irrégulières. Mais le Cap-Vert vit une période de sécheresse depuis 30 ans.

Le problème numéro un du pays est le manque d’eau. La ville la distribuerait dans les différents quartiers durant une heure tous les deux jours, selon un horaire précis. Les plus pauvres, qui n’ont pas de réservoir ni de pompe électrique, doivent aller la chercher à un poste de distribution, ouvert certains jours à certaines heures. Chacun paie sa consommation, bien sûr. Les hôtels de l’archipel doivent produire eux-mêmes leur eau douce.

26 décembre

Au matin, on aperçoit des bateaux amis : Triane, Plein Sud et Mustang. On apprendra qu’ils ont eux aussi failli foncer sur l’île et qu’ils ont tous rempli leur cockpit au moins une fois malgré leur tonnage beaucoup plus imposant que le nôtre. On comprendra aussi que le phare principal de l’île, situé à l’aéroport, ne fonctionne qu’à l’arrivée des vols internationaux. Pas d’avion, pas de phare. L’atterrissage de nuit est donc nettement à déconseiller. Et le feu sur lequel nous nous guidions n’en était pas un. Y aurait-il encore des pirates pour attirer les bateaux vers les cailloux?

27 décembre

On traîne au bateau toute la journée. Il y a au moins une trentaine de voiliers étrangers au mouillage, ce qui est plutôt surprenant. Le décor est totalement différent de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant : peu de relief, beaucoup de palmiers, paysage ambré chargé de poussière de sable dans lequel se fond la petite ville de Palmeira. On s’amuse à observer le travail très animé des pêcheurs locaux qui viennent jeter leur filet ici et là au cœur même de la zone d’ancrage. Un fascinant travail d’équipe qui se fait au rythme des directives criées par l’un et l’autre en créole portugais.

28 décembre

Journée de grand vent qui nous garde encore au bateau. On en profite pour mettre au point une antenne dipôle qui nous assurera une bonne communication avec Montréal.

Le groupe de Plein Sud (Patrick, Claude, Mathieu et leurs invités) vient prendre le dessert.

29 décembre

Partons vers l’aéroport en taxi brousse avec Bruno (Sacrebleu), arrivé hier soir des Canaries. Réglons les formalités, passons prendre un bulletin météo au centre de météorologie, puis retrouvons Alain et Josette (Krapulax) à la ville principale, Espargos.

En après-midi, expédition vers la ville touristique de l’île, Santa Maria, où il y aurait un café Internet. Une destination voyage des plus dépouillées. Quelques hôtels ayant connu de meilleurs jours et un dédale de petites unités plantées dans le sable au cœur de la plage. On traîne plusieurs heures en attendant l’ouverture du café qui finalement n’ouvrira pas. Retour au bateau, d’abord à pied, puis à bord d’un taxi brousse. Cette fois, nous sommes tous les trois assis à l’extérieur, au vent. Un des trois passagers parle français. Originaire de Guinée-Bissau, il travaille depuis peu au Cap-Vert, loin de la guerre.

De retour à Palmeira, Bruno nous fait découvrir l’élevage local de porcs et nous explique que le traitement de l’eau se fait par distillation sous vide.

30 décembre

L’île de Sal, en particulier Palmeira, est d’une grande pauvreté et d’une rusticité désarmante. Les gens y sont certes charmants, mais nous avons beaucoup de mal à nous sentir à l’aise parmi eux. Le contraste est trop saisissant. L’appel du large refait donc surface.

Comme Herb prévoit une bonne fenêtre météo, nous nous lançons dans les préparatifs du départ : plein d’eau et de diesel, inspection du gréement, ajout de protections aux voiles pour en retarder l’usure, nettoyage de la coque, préparation de bouffe, etc.

Nous partons demain vers La Barbade.

Baia da Palmeira

Pêcheurs locaux

Cuisinière ambulante à Espargos

Fillettes

Porcheries à ciel ouvert

Bruno et Martine

Dessalinateur

Santa Maria

Les copains